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Naufal Daou : « Priorité à la restitution de la souveraineté »

Candidat à l’un des sièges maronites de Kesrouan-Jbeil, l’ancien journaliste expose, pour « L’Orient-Le Jour », les grandes lignes de son programme électoral.
 
Quel est votre positionnement au sujet des grands dossiers politiques qui sont au centre du débat national dans le pays (armes du Hezbollah, ligne politique de conduite du Hezbollah, position au sujet du régime syrien, attitude à l’égard des conflits régionaux, décentralisation...) ? 
 Le Liban vit une crise structurelle et existentielle générée, d’une part, par un État incapable d’exercer son pouvoir par les institutions, comme le stipule la Constitution, et par un pouvoir de fait accompli, d’autre part. Celui-ci est représenté par le Hezbollah qui tente d’imposer ses choix à tous les Libanais. Sauf que son projet est lié à des choix stratégiques iraniens qui dépassent les intérêts de l’État libanais et ses fondements. Cela me pousse à réitérer mon attachement à la nécessité de retirer au Hezbollah ses armes, d’autant qu’il est grand temps que l’État exerce seul le monopole du port des armes, et je ne ferai aucune concession à ce sujet. 
À la faveur de cette même logique (d’opposition au Hezbollah et à ses choix), je suis contre toute tentative de lier le Liban à la Syrie, d’autant que nous avons lutté pendant trois longues décennies pour affirmer et consolider notre indépendance. J’estime que le régime syrien est une dictature qui tue son peuple et que je ne peux aucunement soutenir. Je dénonce ainsi le fait de plonger le Liban dans une guerre pour sauver le régime Assad. C’est une crise qui ne concerne pas le Liban.

Avec quel camp ou bloc parlementaire comptez-vous coopérer au Parlement ? Envisagez-vous une coopération avec un bloc ou un camp au cas par cas, en fonction des développements ou des dossiers examinés ? 
Il va sans dire que je serais proche du parti Kataëb et de l’ancien député Farès Souhaid, dans la mesure où je converge avec eux sur l’opposition aux armes du Hezbollah, mais également aux options politiques actuelles. Mais cela n’exclut aucunement une possible coopération avec d’autres partis ou protagonistes qui soutiendraient un projet qui vise l’intérêt général, même s’ils appartiennent à une autre ligne politique. À titre d’exemple, il est inconcevable que je m’oppose à un projet de loi destiné à renforcer l’armée et les appareils de sécurité, même s’il est présenté par le bloc du Changement et de la Réforme, auquel je m’oppose. 

En dehors du champ politique, quel est le domaine que vous envisagez de privilégier dans votre action parlementaire ? 
J’ai déjà préparé un programme pour améliorer la région de Jbeil-Kesrouan tant sur le plan du tourisme qu’au niveau du commerce et de l’environnement. Il m’importe aussi d’œuvrer pour permettre aux habitants de cette région, longtemps livrée à l’abandon, d’exporter leurs produits résultant de leur activité dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie. Il va sans dire que mon programme planche aussi sur la crise des déchets.

Question des lecteurs : Si vous êtes élu, quelles seront les deux grandes priorités de la liste suivante : l’éradication de la dette publique, la santé publique, l’électricité 24h/24 sur tout le territoire, la lutte contre les risques inflationnistes face à la baisse du pouvoir d’achat du citoyen libanais en vue de l’amélioration du niveau de vie, de l’éducation nationale, l’unité nationale ? 
Tous les éléments de cette liste constituent des besoins fondamentaux des citoyens. Mais aucun de ces objectifs ne pourrait être atteint avant d’assurer la souveraineté totale de l’État. La corruption est largement répandue dans les pays dictatoriaux parce que les autorités veulent « distraire les gens » et les éloigner des questions souverainistes. Au Liban, la corruption est la conséquence directe de l’absence de l’État et de sa souveraineté. C’est pourquoi le rétablissement de la souveraineté est une priorité, tout comme les problèmes liés au quotidien de la population.